H1 (1160×200)
H1 (1160×200)

Au Cameroun, l’Église catholique victime collatérale de la crise anglophone

Au Cameroun, l’Église catholique victime collatérale de la crise anglophone

Deux prêtres ont été tués en l’espace d’une semaine dans les régions anglophones du Cameroun. Le clergé, qui a depuis initié une médiation, peine à se faire entendre par le gouvernement.

L’émotion est encore vive au sein de la communauté religieuse du Cameroun. Réunis en grand nombre, le dimanche 29 juillet, dans la paroisse de Bomaka à Buea (région du Sud-Ouest), les fidèles s’attelaient à préparer les obsèques de leur curé, tué par balle le 20 juillet dernier. Ce jour-là, le père Alexander Sob a été abattu par des hommes non identifiés, alors qu’il effectuait un déplacement à Muyuka, la ville voisine.

De l’avis de plusieurs fidèles, l’annonce de sa mort a été « brutale ». Certains d’entre eux ont appris la triste nouvelle alors qu’ils l’attendaient à l’église pour un meeting. « J’ai échangé avec le père à la mi-journée (du 20 juillet). Nous devions nous revoir à la réunion de 17 h 30. Vers 16 heures, lorsqu’on m’a annoncé son décès, je n’en revenais pas », se souvient un paroissien.

Les circonstances de la mort de ce religieux, en service à Bomaka depuis un peu plus d’un an seulement, laissent la plupart des fidèles dans l’interrogation. Si la majorité des regards se tourne vers les responsables de l’Église catholique, celle-ci peine à donner les réponses attendues.

À l’évêché de Buea par exemple, aucun religieux ne souhaite s’exprimer sur la crise anglophone. « Le gouvernement et l’Église gèrent cette affaire ensemble. Nous ne pouvons pas en parler à notre niveau pour le moment », indique ainsi un prêtre à Jeune Afrique. Scénario similaire au diocèse de Bamenda, où l’on se contente de confirmer la mort d’un prélat à Widikum (Nord-Ouest), le 26 juillet. Il s’agit du deuxième décès enregistré par l’Église catholique en l’espace d’une semaine. Une situation inédite depuis le début de cette crise en novembre 2016.

Médiation des religieux

Condamnée pour son mutisme par certains membres de l’Église catholique et par des médias locaux, le clergé a tout de même réagi, peu de temps après le décès d’Alexander Sob. Le 25 juillet, le cardinal Christian Tumi a de ce fait réuni les imams des villes de Buea et Bamenda, ainsi que le chef de l’Église presbytérienne du Cameroun, pour débattre des solutions à apporter à la crise anglophone. Au sortir de cet échange, les quatre leaders religieux ont convié l’ensemble des populations anglophones à une conférence baptisée « Anglophone general conference » (Conférence générale anglophone), qui devrait se tenir fin août.

L’Église est déterminée à contribuer à la restauration de la paix », affirme un responsable catholique

« L’Église aborde le problème anglophone dans sa globalité et elle est déterminée à contribuer à la restauration de la paix », affirme un responsable catholique sous couvert de l’anonymat. « Ce sera certainement la première étape d’un processus de sortie de crise, il est nécessaire que nous l’accompagnions positivement », ajoute-t-il.

Partager
  • 5
    Shares

Commentaires

commentaires

Related posts