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Au Sénégal, la cathédrale de Kaolack a été saccagée par un individu qui traite les catholiques de païens

Au Sénégal, la cathédrale de Kaolack a été saccagée par un individu qui traite les catholiques de païens

La cathédrale du diocèse de Kaolack, dans le centre du Sénégal, a subi des actes de saccages répétés d’un individu qui a brisé quatre statues en proférant des propos hostiles aux catholiques.

L’auteur des faits a été une première fois appréhendé par la police. Aussitôt relâché, il est revenu attaquer l’église, mercredi 24 octobre.

Depuis une semaine, un homme s’est, par trois fois, introduit dans la cathédrale de Kaolack, dans le centre du Sénégal, pour saccager affiches, statues et bénitiers. Pour justifier ce geste, il a qualifié les catholiques de « païens » et estimé que c’est une mosquée qui aurait dû être construite à la place.

Tout a commencé le 17 octobre. À cette date, l’individu incriminé s’est introduit dans l’enceinte de la cathédrale Saint Théophile et a entrepris de détruire les affiches. Il s’est ensuite attaqué à la table d’un vendeur de journaux derrière la cathédrale. Le lendemain, aux environs de 12 h 30, la même personne est revenue à la cathédrale qui n’était pas fermée et a cassé deux statues qui se trouvaient à l’entrée de l’église. Il a, en outre, renversé le bénitier et arraché des stations du Chemin de croix.

La police, informée, s’est rendue sur les lieux une première fois pour faire le constat et a enregistré la déposition du curé, le père Raphaël Ndiaye.

Le 19 octobre, le même individu est revenu sur les lieux de son forfait mais a pu être appréhendé et remis à la police. Il a été aussitôt relâché. Le 24 octobre, au petit matin, il s’est de nouveau introduit dans l’église, saccageant deux statues et proférant des paroles hostiles aux catholiques qu’il a traités de « païens ». Il a ensuite réussi à fuir et s’est rendu à la police.

Ces saccages interviennent alors que ce diocèse du centre du Sénégal se prépare à l’installation de son nouvel évêque Martin Boucar Tine nommé en juillet.

Profanation ?

Dans l’Église catholique, de tels actes peuvent être qualifiés de « profanation » conformément aux dispositions du canon 1 211 du Code de droit canonique de 1983 mais l’appréciation est laissée à l’ordinaire du lieu qui doit établir la « gravité des faits ». Selon le Canon 1211, « Les lieux sacrés sont profanés par des actions gravement injurieuses qui y sont commises au scandale des fidèles et qui, au jugement de l’ordinaire du lieu, sont si graves et contraires à la sainteté du lieu qu’il ne soit pas permis d’y célébrer le culte tant que l’injure n’a pas été réparée par le rite pénitentiel prévu par les livres liturgiques. »

Condamnation

Ces actes ont fortement ému de nombreux Sénégalais catholiques et musulmans. « Nous déplorons vraiment cet acte parce que l’islam n’encourage pas cela. Le respect de la religion d’autrui fait parti des principes », a ainsi estimé Diack Faye Seck, un musulman sénégalais sur Facebook.

D’autres ont estimé que la répétition des exactions aurait pu être évitée. « C’est probablement un malade mental. Mais la répétition des attaques aurait pu être évitée par les services d’ordre », a fait remarquer Anne-Marie Mendy. Pour d’autres, il faut une punition exemplaire dans un pays dont l’une des fiertés est la coexistence pacifique entre les musulmans (plus de 90 % de la population) et les chrétiens (plus de 5 %). « Il faut une réaction immédiate de la police sénégalaise. Personnellement, je souhaite une lourde de peine pour décourager d’autres personnes à agir ainsi », a commenté Ali Ndiaye un musulman originaire de Kaolack.

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