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Des passages de la Bible découverts sur un manuscrit coranique

Des passages de la Bible découverts sur un manuscrit coranique

Des versets bibliques ont récemment été découverts sur un manuscrit du Coran du VIIIe siècle par Éléonore Cellard, spécialiste de la tradition manuscrite du Coran. C’est la première fois qu’un texte biblique est découvert sous celui du Coran.

De quoi s’agit-il?

“Il s’agit de neuf fragments de feuillets qui appartenaient à un manuscrit du Coran de petite taille. L’état de conservation actuel ne nous permet pas de dire s’il s’agissait d’un volume complet du Coran ou d’une partie seulement. La particularité de cet artefact tient au fait que le support est un parchemin de seconde main. Les traces d’une écriture copte sont nettement visibles sur l’ensemble des fragments. La réalisation de ce palimpseste, c’est-à-dire l’effacement du texte d’origine puis l’acte de copie du texte coranique, se situe probablement vers le milieu du VIIIe siècle de notre ère, si l’on en juge par les caractéristiques matérielles et textuelles. Les fragments conservés comportent une partie de la sourate 5, al-mā’idah (versets 40 à 120, avec deux lacunes de plusieurs versets).
Le déchiffrement du texte sous-jacent fait actuellement l’objet d’investigations menées par les spécialistes des manuscrits coptes Anne Boud’hors et Catherine Louis (CNRS). Un passage en copte sahidique du Deutéronome (6, 3) a d’ores et déjà été identifié avec certitude sur l’un des fragments. Mais la reconstruction du texte est délicate, car on distingue difficilement l’écriture. Par endroits, elle est même complètement détruite à la suite d’un grattage mécanique”, explique Éléonore Cellard.

“Le fragment coranique conserve une partie de la sourate 5, notamment le verset 45, mentionnant la loi du Talion (lex talionis), loi que l’on retrouve également dans le Deutéronome (19, 4)”.

Le mot palimpseste désigne un manuscrit sur parchemin d’auteurs anciens que les copistes du Moyen Âge ont effacé pour le recouvrir d’un second texte.

“Le palimpseste qui vient d’être découvert témoigne d’abord d’un contact physique entre un copiste du texte sacré de l’islam et un manuscrit copte, probablement réduit à l’état de fragments”, renseigne encore Éléonore Cellard.

avec lavie / Abbé Roger Gomis

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