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Kofi Annan, une vie à l’ONU au service de la paix

Kofi Annan, une vie à l’ONU au service de la paix

Les hommages affluent après la mort de l’ancien secrétaire général de l’ONU et prix Nobel de la paix Kofi Annan, décédé en Suisse à l’âge de 80 ans. Diplomate de carrière, il a contribué à rendre les Nations unies plus présentes sur la scène internationale pendant ses deux mandats de 1997 à 2006, cherchant par tous les moyens à freiner le recours à la force de la part des États membres de l’institution. En novembre dernier, il rencontrait le Pape à l’occasion d’une conférence sur le désarmement nucléaire au Vatican.

Prix Nobel de la paix en 2001, le Ghanéen Kofi Annan est décédé à l’issue «d’une brève maladie» à l’âge de 80 ans, ce samedi 18 août à Berne, en Suisse où il vivait. Il fut le premier africain sub-saharien à devenir Secrétaire général des Nations unies. Après deux mandats à de 1997 à 2006, il fut également l’envoyé de l’Onu pour la Syrie en 2012.

Hommages

Koffi Annan «a fait entrer les Nations unies dans le XXIème siècle en définissant un programme ambitieux qui a fait de l’ONU un outil indispensable pour la paix, la prospérité et la dignité humaine partout dans le monde», a déclaré dans un communiqué Ban Ki-moon, qui lui a succédé au secrétariat général.

Aux Etats-Unis, l’ancien président Bill Clinton a loué un homme, «fidèle à ses racines ghanéennes» ayant «toujours traité les autres avec respect et dignité». Barack Obama a lui salué «l‘intégrité, la détermination, l’optimisme» de Kofi Annan qui a contribué à «motiver et inspirer » la « prochaine génération de leaders». «Nous n’oublierons jamais son regard calme et résolu, ni la force de ses combats» a tweeté pour sa part le président français alors que son homologue russe Vladimir Poutine a déclaré avoir «sincèrement admiré la sagesse et le courage» du diplomate. La Ligue arabe a aussi rendu hommage à Kofi Annan, tandis que le ministère égyptien des Affaires étrangères l’a qualifié d’ «icône et source de fierté pour tous les Africains»

Fierté pour l’Afrique

Kofi Annan fut le premier secrétaire général issu de l’Afrique sub-saharienne, et le Ghana, où il est né, entamera ce lundi une semaine de deuil national pour le remercier d’avoir «considérablement contribué au renom de notre pays par sa position, par sa conduite et son comportement dans le monde »

Né le 8 avril 1938 à Kumasi, fils d’un cadre d’une filiale du groupe anglo-hollandais Unilever, il avait étudié à l’université de Kumasi, s’était diplômé au Macalester College de St. Paul dans le Minnesota, aux Etats-Unis, puis s’était perfectionné en économie à l’Institut des hautes études internationales de Genève et en management au Massachusetts Institute of Technology.

50 ans au service de la paix

Il arrive aux Nations unies en 1962 pour se voir confier trente ans plus tard, en 1993, la responsabilité des missions de paix. Il vécut deux périodes sombres pour les casques bleus : le retrait du Rwanda lors du génocide et la guerre en Bosnie. Élu secrétaire générale en 1997, son mandat fut renouvelé si bien qu’il resta en poste pendant neuf ans, jusqu’en 2006. En 2012, il fut également l’envoyé de l’Onu pour la Syrie, pendant cinq mois. Il se retirera, accusant les grandes puissances, qui lui rendent hommage aujourd’hui, d’avoir par leurs dissensions transformé sa médiation en «mission impossible».

En 2001, il reçut ainsi que l’entière organisation des Nations unies, le prix Nobel de la paix en raison de ses «efforts en faveur d’un monde mieux organisé et plus pacifique». Lorsqu’il accepta ce prix, il déclarera avoir «essayé de placer l’être humain au centre de tout ce que nous entreprenons: de la prévention des conflits au développement et aux droits de l’homme».

Durant ses deux mandats, Kofi Annan a contribué à rendre l’ONU plus présente sur la scène internationale. Très populaire, il irrita Washington en estimant «illégale» l’invasion de l’Irak en 2003, qui n’avait pas été entérinée par le Conseil de sécurité.

L’ONU, l’impossible réforme

Il entreprit de réformer les Nations unies. Parmi ses objectifs, pas toujours atteints, il souhaitait donner une nouvelle définition à la «sécurité collective», renforcer les traités de non-prolifération et de désarmement, créer des organisations intergouvernementales œuvrant à la construction de la paix et à la défense des droits humains, amplifier et modifier les fonctions du Conseil de sécurité, établir de nouvelles normes pour freiner le recours à la force de la part des États membres de l’ONU. Il espérait également faire appliquer «la responsabilité de protéger» qui aurait légaliser les ingérences humanitaires. Il rêvait de pouvoir éradiquer la pauvreté.

Récente rencontre avec François

Ces dernières années, Kofi Annan s’était engagé à l’instar du Pape pour la protection des Rohingyas,  prenant la tête d’une commission sur les droits de ces musulmans apatrides poussés à fuir au Bangladesh face à la répression de l’armée birmane.

Il a aussi créé une fondation consacrée au développement durable et à la paix. En 2015, alors président de l’Africa Progress Panel et de la Fondation Kofi Annan, le diplomate ghanéen avait salué publiquement la parution de l’encyclique du Pape Laudato si’. «Le changement climatique est, comme le réaffirme le Pape François, une menace généralisée : pour notre sécurité, notre santé et pour nos sources d’eau fraîche et de nourriture. De telles conditions pourraient entraîner, bien plus que les migrations actuelles, le déplacement de dizaines de millions de personnes et alimenter de nouveaux conflits», déclarait-il alors, félicitant le Saint-Père pour son grand leadership moral et éthique.

Kofi Annan fait également partie du groupe des «Elders». Un groupe de sages, créé par Nelson Mandela, pour promouvoir la paix et les droits de l’homme. Et c’est avec plusieurs « anciens » qu’il avait été reçu, le 6 novembre 2017, par le Pape François à la résidence Sainte-Marthe.

«Je crois que pour nous, il était important de venir parce que nous partageons de nombreuses valeurs communes et nous désirions rencontrer le Pape et réfléchir avec lui à la manière dont nous pouvons travailler ensemble» affirmait Koffi Annan au programme anglophone de Radio Vatican. Il avait alors énuméré plusieurs problématiques sur lesquelles ils souhaitaient concentrer leurs efforts communs : les réfugiés et les migrations, les armes nucléaires, la paix et les médiations lors de conflits.

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