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Le chemin de Carême

Le chemin de Carême

Ce 6 mars est le mercredi dit « des cendres » qui marque le début du Carême chez les catholiques, un « chemin » dont l’abbé Roger Gomis explique les exigences.

Avec le Carême qui commence aujourd’hui, mercredi 6 mars, les chrétiens font le choix « quitter le monde » avec tous ses plaisirs, attraits et folies, pour s’engager, pour un laps de temps, dans une autre dimension où l’on parle de jeûne, de pénitence, d’abstinence et de sacrifice.

Un cadre propice à la transformation intérieure et à la préparation à la grande fête de Pâques.

Ce mercredi, les chrétiens entament une quarantaine de jours d’incubation où chacun débusque ses propres errements et médite sur sa propre situation et son engagement chrétien en faveur de l’humanité tout entière. Ils se préparent à une grande décision : celle de proposer au monde un nouvel avenir, par la lumière et la force de Pâques. Et c’est cela l’esprit et le chemin du Carême authentique, à la suite de Jésus.

Le Nazaréen avait complètement bouleversé son époque et ses contemporains tout au long de son ministère public précédé d’un temps de jeûne de 40 jours.

Moïse avait d’ailleurs suivi la même démarche. Il s’était élancé seul sur la montagne du Sinaï pour s’y préparer, pendant 40 jours, à recevoir la Loi de Dieu avant de conduire le peuple, 40 ans, à travers le désert, vers la terre promise.

Le Carême n’est pas seulement un temps de privation

Dans une telle optique, que peut bien représenter un Carême envisagé uniquement comme un temps de privation d’une petite bière, d’un verre de vin ou encore de viande, le vendredi ? Que représente le Carême dans un monde où les riches et les puissants s’enferment dans leurs richesses et écrasent les pauvres ; une société où les grands patrons augmentent sans cesse leurs avantages et profits tout en baissant les salaires des travailleurs ? Que vaut ce temps spirituel dans un contexte où le bien public des États est constamment volé au peuple par des corrompus aux appétits voraces et insatiables ; au moment où malgré tous les slogans, rien n’est véritablement et sérieusement fait face au réchauffement climatique dont les conséquences nous menacent dangereusement ?

Un Carême authentique

Il nous faut prendre résolument et courageusement le chemin du Carême authentique dans un monde bien malade. Et ce, par l’approfondissement de la foi et l’écoute de la Parole de Dieu, certes, mais aussi avec le désir et la volonté de réveiller le monde et de guérir les hommes du refroidissement de leurs cœurs.

Le jeûne chrétien ne peut donc pas rester enfermé dans une spiritualité individuelle ou collective, au risque de devenir une tragédie intérieure ou de transformer le Carême en une vaste comédie dans le grand théâtre du monde.

Dans la fidélité à la Parole de Dieu, il exige des changements concrets et des engagements sérieux en faveur de tous. C’est tout le sens des exhortations du pape et des évêques.

Abbé Roger Gomis
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