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LE MARIAGE CHRÉTIEN, UNE ALLIANCE ET UN CONTRAT-SACREMENT (2/2)

LE MARIAGE CHRÉTIEN, UNE ALLIANCE ET UN CONTRAT-SACREMENT (2/2)

Le numéro 48 de Gaudium et Spes précise que le mariage comme institution divine n’est pas laissé à la fantaisie des hommes. Cette institution, comme réalité naturelle et divine, a une nature propre dont quelques aspects ont été présentés dans la première partie dans cet article. Dans cette seconde partie, nous traiterons de principe de l’inséparabilité du contrat-sacrement.

 En effet, le can. 1055 § 2 dispose : « C’est pourquoi, entre baptisés, il ne peut exister de contrat matrimonial valide qui ne soit, par le fait même, un sacrement ». Cette disposition du § 2 du canon 1055 affirme le lien inséparable entre le contrat et le sacrement que je propose d’approfondir à travers l’analyse de la notion de l’alliance matrimoniale en lien avec celles de contrat et de sacrement.

A lire la première partie <LE MARIAGE CHRÉTIEN, UNE ALLIANCE ET UN CONTRAT-SACREMENT (Canon 1055) (1/2)

 L’alliance matrimoniale

Le canon 1055 est important pour comprendre le mariage : il parle d ’alliance matrimoniale (§1) et de contrat matrimonial (§ 2). Le terme « alliance » est biblique et se réfère « pour chaque mariage à la relation entre Dieu et son peuple élu, et pour le mariage sacramentel à la relation entre Jésus et l’Eglise. Dans la Constitution Gaudium et Spes, le terme « alliance » est utilisé pour souligner le caractère personnaliste et la richesse de la communion d’amour entre l’homme et femme. Le can. 1055 affirme, dans le § 1, que l’alliance matrimoniale entre baptisés a été élevée par le Christ Seigneur à la dignité de sacrement. C’est pourquoi, selon le § 2, le contrat matrimonial, entre baptisés, ne peut exister validement sans être en même temps sacrement. Ces aspects montrent que le canon parle de l’alliance et aussi du contrat matrimonial entre deux baptisés. Car seul le mariage entre baptisés est qualifié de mariage sacramentel, les autres sont des mariages naturels dépourvus du caractère sacramentel à savoir le mariage entre un baptisé et un non baptisé, et le mariage entre deux non baptisés.

La sacramentalité du mariage

La seconde idée contenue dans le canon 1055 est celle de la sacramentalité du mariage entre baptisés. Elle est précisée dans deux affirmations très importantes: 1.  entre les baptisés, la réalité naturelle elle-même du mariage a été élevée par le Christ à la dignité de sacrement ; 2. dans le mariage entre baptisés, le contrat valide (réalité naturelle) est inséparable du sacrement (réalité religieuse) signifiant la grâce.

En effet, l’union matrimoniale, considérée simplement d’un point de vue naturel, revêt déjà un caractère sacré. Mais le Christ a élevé cette réalité naturelle à la dignité de sacrement dans le cas des baptisés. Ce fait n’entraîne aucune altération de la nature de l’institution matrimoniale, mais il implique l’insertion de cette institution naturelle dans l’ordre surnaturel de la grâce dans le cas des baptisés. Aussi la sacramentalité n’est-elle pas un élément accidentel et extrinsèque: elle touche à la racine même du mariage. En tant que sacrement, le mariage chrétien est un signe sensible et signifiant de la grâce c’est-à-dire « dans le mariage chrétien, les conjoints sont fortifiés et comme consacrés par un sacrement spécial pour les devoirs et la dignité de leur état ». La matière et la forme du sacrement de mariage sont le consentement réciproque des époux et les contractants eux-mêmes qui en sont les ministres.

Conclusion

Dans l’une des catéchèses sur le mariage, le pape François réaffirme que quand un homme et une femme célèbrent le sacrement de mariage, Dieu imprime en eux le caractère indélébile de son amour ; il fait des deux époux une seule existence. Ce mystère du mariage, réalité naturelle propre à tous les peuples qui prend tout son sens dans le mariage sacramentel, n’est pas laissé à la fantaisie des sociétés modernes et des personnes humaines, juridiques et morales de notre temps. Le canon 1055 du Code de droit canonique définissant le mariage ouvre à la compréhension du mariage chrétien et engage au respect du lien matrimonial, réalité naturelle élevée au rang de sacrement s’agit de deux baptisés. La communauté conjugale de vie n’est donc pas une simple cohabitation ou une union quelconque entre deux personne, mais une intime communion des époux, un seul homme et une seule femme, laquelle est indissoluble et nourrie de dons spéciaux pour assumer les devoirs essentiels qui en découlent.

Bibliographie de référence

  1. Concile Vatican II, Constitution pastorale Gaudium et Spes.
  2. Code de Droit Canonique, Bilingue et Annoté, 3e édition Wilson & Lafleur, 2016.
  3. Mariuca VADAN, La nullité del matrimonio canonico Elementa praestantiora della giurisprudenza rotale, LEV, Città del Vatican II, 2006.
  4. Paolo MONETA, « Il matrimonio » in GRUPPO ITALIANO DI DOCENTI DI DIRITTO CANONICO, La funzione di sanctificare della Chiesa III, PUL, Roma 2004, 187-317.

 

Par : Père Honoré Beugré est  docteur en Droit Canonique, directeur de l’Institut Supérieur de Droit Canonique de  l’Université catholique d’Afrique de l’Ouest à Abidjan, Ucao/Uua.

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