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Quels usages peut-on avoir de l’eau bénite ?

Quels usages peut-on avoir de l’eau bénite ?

Selon les exorcistes de l’Église catholique, l’eau bénite est réellement efficace contre le démon. « L’eau bénite est si puissante que si l’on en verse en cachette quelques gouttes sur les vêtements ou dans la nourriture d’une personne possédée, celle-ci réagira immédiatement, ne pouvant supporter son contact », expliquait ainsi le père Gabriele Amorth, ancien chef exorciste du diocèse de Rome dans son livre : Confessions, mémoires de l’exorciste officiel du Vatican. Bien avant lui, Sainte Thérèse d’Avila témoignait : « Il n’y a rien de plus efficace que l’eau bénite pour repousser les démons et les empêcher de revenir ». Il y a donc de quoi chercher à en avoir constamment à sa portée, sauf qu’il ne faut pas se laisser aller à une consommation abusive et inappropriée.

L’eau bénite est un sacramental

L’eau bénite est un sacramental, c’est-à-dire un signe sacré, que l’Église catholique met à la disposition des fidèles pour leur sanctification et leur protection et celle des objets et des lieux qu’ils utilisent. Au même titre que les crucifix, médailles, images pieuses, rosaires, cendres et rameaux, elle trouve sa place dans le quotidien des chrétiens au point qu’elle apparaît comme l’un des sacramentaux les plus employés.

L’eau bénite est utilisée pour les baptêmes, bénédictions de personnes, objets, ou lieux, mais aussi comme protection contre le démon.

Toutefois, elle fait bien souvent l’objet de consommation et pratique abusives.

Son efficacité contre le démon et les péchés véniels

Il faut savoir que « les sacramentaux ne confèrent pas la grâce de l’Esprit Saint à la manière des sacrements, mais par la prière de l’Église ils préparent à recevoir la grâce et disposent à y coopérer » (Catéchisme de l’Église Catholique, n° 1670). Leur efficacité provient du mystère pascal : « Chez les fidèles bien disposés, presque tous les événements de la vie sont sanctifiés par la grâce divine qui découle du mystère Pascal de la Passion, de la mort et de la Résurrection du Christ, car c’est de Lui que tous les sacrements et les sacramentaux tirent leur vertu ; et il n’est à peu près aucun usage honorable des choses matérielles qui ne puisse être dirigé vers cette fin : la sanctification de l’homme et la louange de Dieu » (concile Vatican II, constitution sur la liturgie Sacrosanctum Concilium, n° 61).

L’eau bénite n’est donc pas une potion magique. Son efficacité lui vient de la passion et de la résurrection du Christ et dépend des bonnes dispositions de l’utilisateur : foi, humilité, espérance et charité, qui mettent en relation directe avec Dieu.

Par ailleurs, l’usage de l’eau bénite n’a rien à voir avec la consommation abusive à laquelle s’adonnent certains qui lui prêtent des pouvoirs magiques et s’en servent surtout pour « lutter contre » les démons, les maladies, les influences néfastes… Rien à voir non plus avec cette pratique des « accros du bénitier », qui cuisinent ou se douchent à l’eau bénite, pour éviter d’être empoisonné, lutter contre les maladies ou les tentations, ou se purifier après une mauvaise rencontre.

En outre, de par la vertu des prières de l’Église, l’eau bénite attire, en toute occasion, le secours de l’Esprit-Saint, pour le bien de l’âme et de notre corps. Elle efface les péchés véniels, non point toutefois par sa propre efficacité (nous insistons), comme les sacrements, mais par les sentiments de contrition sincère que, fécondée et sanctifiée par la bénédiction du prêtre, elle concourt à faire naître dans nos âmes. Dans ce cas, d’ailleurs, l’usage de l’eau bénite ne dispense pas du recours au sacrement de réconciliation. D’ailleurs comme l’explique Saint-François de Sales, « quand on dit que la bénédiction de l’évêque et l’eau bénite effacent les péchés véniels, ce n’est pas en vertu de la bénédiction, mais en vertu de l’acte d’humilité que l’on fait en la recevant, et en vertu du retour que nous faisons de notre esprit en Dieu ».

• Son usage à l’église et à la maison

Ne nous privons pas de plonger notre main dans le bénitier entrant dans une église pour faire le signe de la croix avec de l’eau bénite qui nous rappelle notre baptême et que le Christ est l’eau vive. Car « chaque fois que nous prenons cette eau en faisant le signe de la croix, soit en entrant dans l’église, soit à la maison, nous rendons grâce à Dieu pour son don ineffable, nous implorons son secours pour garder dans notre vie le sacrement que nous avons reçu dans la foi » (cf. Livre des Bénédictions).

Pour notre usage domestique, voici ce que prescrit saint Jean Eudes : « Il est bon d’avoir toujours de l’eau bénite en sa maison, auprès de son lit, afin d’en prendre au soir en se couchant et au matin en se levant, et quand on sent quelque tentation ou peine d’esprit. »

Ainsi rien n’empêche que vous en ayez à la maison, au creux d’un petit bénitier, pour vous en servir lors des prières en famille, et pour les parents de bénir leur enfant avant de sortir de la maison ou avant d’aller au lit.

L’usage de l’eau bénite doit toujours être accompagné d’une foi sincère dans un acte d’abandon confiant et total en Dieu, d’une prière et d’une intention droite pour être efficace.

 

Abbé Roger Gomis / La Croix Africa

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