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Qu’est-ce que le péché contre l’Esprit Saint ?

Qu’est-ce que le péché contre l’Esprit Saint ?

« Quiconque dira une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera pardonné ; mais qui aura blasphémé contre le Saint-Esprit, cela ne lui sera pas pardonné » (cf. Luc 12, 10 ; Mc 3,29 ; Mt 12,32). Ce mystérieux péché impardonnable fait l’objet de nombreuses confusions et « plonge » beaucoup de fidèles dans l’angoisse, se demandant s’ils ne l’ont pas déjà commis. Que doit-on réellement comprendre de ces impressionnantes paroles ? Et pourquoi le péché contre l’Esprit Saint est-il impardonnable ?

Procédons par étapes et commençons par remettre ces paroles dans leur contexte, celui des évangiles.

Selon les commentateurs bibliques, « l’Évangile n’est pas une biographie de Jésus mais bien un portrait où sont superposés les traits de Jésus de Nazareth et ceux du Christ ressuscité ». Ces mystérieuses paroles tirées de l’évangile de saint Luc font donc référence aux deux niveaux d’existence de Jésus-Christ. « C’est pourquoi on pouvait dire qu’une parole contre le Fils de l’homme, c’est-à-dire contre Jésus de Nazareth, est pardonnable, parce que de son vivant, on ne savait pas encore qui il était et qui il allait devenir ; alors que blasphémer contre le Saint-Esprit est impardonnable, parce que c’est refuser de reconnaître les œuvres accomplies par le Messie au cœur de l’Église primitive, lesquelles seraient évidentes, aux dires de la communauté. Le coupable se refuserait donc à lui-même le pardon », explique Odette Mainville.

« Si l’homme est excusable de se méprendre sur Jésus, son identité et sa mission, il ne le serait plus de fermer les yeux aux œuvres de l’Esprit » et « d’attribuer au démon ce qui est l’œuvre de Dieu en Jésus-Christ », note encore un autre commentateur.

« Selon une telle exégèse, indique alors le pape Jean-Paul II, le « blasphème » (contre l’Esprit) ne consiste (donc) pas à proprement parler à offenser en paroles l’Esprit Saint ; mais il consiste à refuser de recevoir le salut que Dieu offre à l’homme par l’Esprit Saint agissant en vertu du sacrifice de la Croix », (cf. Dominum et vivificantem, 18 mai 1986, au numéro 46, disponible sur la toile et que je vous conseille de lire).

Dans la même ligne, le Catéchisme de l’Église Catholique précise : « Il n’y a pas de limites à la miséricorde de Dieu, mais qui refuse délibérément d’accueillir la miséricorde de Dieu par le repentir rejette le pardon de ses péchés et le salut offert par l’Esprit Saint. Un tel endurcissement peut conduire à l’impénitence finale et à la perte éternelle. » (CEC, n° 1864).

Cet endurcissement correspond de nos jours, selon le pape Jean-Paul II, à la « perte du sens du péché » qui va de pair avec la « perte du sens de Dieu ».

Pourquoi le péché contre l’Esprit Saint est-il donc impardonnable ?

« Si Jésus dit que le péché contre l’Esprit Saint ne peut pas être remis ni en ce monde ni dans l’autre, c’est parce que cette “non-rémission” est liée à la “non-pénitence”, c’est-à-dire au refus radical de se convertir et d’accueillir le pardon de Dieu. » (Jean-Paul II)

Il ajoute : « Le blasphème contre l’Esprit Saint est le péché commis par l’homme qui présume et revendique le « droit » de persévérer dans le mal – dans le péché quel qu’il soit – et refuse par là même la Rédemption. L’homme reste enfermé dans le péché, rendant donc impossible, pour sa part, sa conversion et aussi, par conséquent, la rémission des péchés, qu’il ne juge pas essentielle ni importante pour sa vie. »

Toutefois, face à cet impardonnable péché, le saint pape Jean-Paul II propose un remède à travers la recommandation suivante : « L’Église demande que le dangereux péché contre l’Esprit laisse la place à une sainte disponibilité à accepter sa mission de Paraclet lorsqu’il vient “manifester la culpabilité du monde en fait de péché, en fait de justice et en fait de jugement” » (Jn 16, 8).

Autrement, il est important de demander, chaque jour, au Seigneur la grâce d’un cœur qui sache écouter et se laisse enseigner ; une conscience qui se laisse éclairer ; et finalement, un cœur contrit qui accueille avec joie la miséricorde du Seigneur !

Abbé Roger Gomis
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