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Qu’est-ce qu’un diocèse ?

Qu’est-ce qu’un diocèse ?

On pourrait s’y méprendre mais le Code de droit canonique ne définit pas d’abord le diocèse en termes de territoire (ville ou région) mais plutôt comme un peuple sous la houlette d’un pasteur (l’évêque). Comment comprendre une telle définition et quelles en sont les implications dans la vie de l’Église locale ?

Le Canon 369 du Code de 1983 définit ainsi le diocèse : « Le diocèse est la portion du peuple de Dieu confiée à un évêque pour qu’il en soit, avec la coopération du presbyterium, le pasteur, de sorte que dans l’adhésion à son pasteur et rassemblée par lui dans l’Esprit Saint par le moyen de l’Évangile et de l’Eucharistie, elle constitue une Église particulière dans laquelle se trouve vraiment présente et agissante l’Église du Christ, une, sainte, catholique et apostolique ».

Portion du peuple de Dieu

Comme on peut le remarquer, cette définition met plus l’accent sur le « peuple de Dieu », c’est-à-dire la communauté des fidèles que sur la notion de territoire, même si l’Église reconnaît qu’il est important que le diocèse soit délimité à l’intérieur d’un territoire (cf. Canon 372).

Ainsi le diocèse est une « portion du peuple de Dieu », une partie des baptisés établis en quelques endroits du monde et non des fidèles originaires de telle ou telle région.

Cette définition s’enracine dans l’enseignement central du concile Vatican II sur l’Eglise, dans la Constitution dogmatique Lumen Gentium (LG) : « Le bon vouloir de Dieu a été que les hommes ne reçoivent pas la sanctification et le salut séparément, hors de tout lien mutuel ; il a voulu en faire un peuple qui le connaîtrait selon la vérité et le servirait dans la sainteté » (cf. LG, 9).

La notion biblique de « peuple de Dieu » attribuée à l’Église révèle sa véritable identité. Elle se reçoit de l’amour de Dieu pour être donnée au monde en Jésus-Christ. Elle est ainsi Corps du Christ, appelée à former un tout, non selon la chair, c’est-à-dire non pas d’une manière humaine et sociologique, mais dans l’Esprit Saint.

Dans cette optique le diocèse comme « portion du Peuple de Dieu », n’est donc pas une communauté de fidèles unis par une histoire et une culture communes. Elle n’est pas non plus le produit d’une société. Il représente dans l’espace et le temps, le peuple que Dieu a choisi et appelé parmi les nations, son peuple particulier avec lequel il a conclu une alliance. Un peuple universel, issu de tous les peuples, de toutes les races et de toutes les conditions.

Caractéristiques

À l’image de l’Église tout entière, cette « portion du peuple de Dieu » est dotée de caractéristiques propres qui la « distinguent nettement de tous les groupements religieux, ethniques, politiques ou culturels de l’histoire » : elle est choisie par Dieu, « race élue, sacerdoce royal, nation sainte » (cf. 1 P 2, 9) ; on en devient membre par la foi au Christ et le baptême ; il a pour chef Jésus le Christ ; il a pour statut la dignité de la liberté des fils de Dieu ; sa mission, être le sel de la terre et la lumière du monde (cf. Mt 5, 13-16) et sa destinée, le Royaume de Dieu (cf. LG, 9 et CEC 782).

Tous les fidèles du Christ, revêtus de la même dignité baptismale, appartiennent donc à cet unique peuple de Dieu répandu par le monde entier. Diversement situés à travers les différentes parties et régions du monde, ils sont confiés à des pasteurs propres (institués par le Christ pour continuer son œuvre), pour former « une Église particulière (Église locale) dans laquelle se trouve vraiment présente et agissante l’Église du Christ ».

Fort heureusement, les limites territoriales de nombreux diocèses dans le monde dépassent largement les limites régionales, provinciales ou administratives, comme pour encourager les fidèles à ne pas succomber à la tentation de l’enfermement ou de la ségrégation.

Abbé Roger Gomis
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