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Secret de la confession : ni le prêtre, ni le pénitent ne doivent le violer

Secret de la confession : ni le prêtre, ni le pénitent ne doivent le violer

 Pour de nombreux fidèles, le secret de la confession serait en péril.

Certains d’entre eux se demandent si les prêtres le gardent réellement. D’autres, par manque de confiance, ont tout simplement renoncé au sacrement de la réconciliation. Sous d’autres cieux, le pouvoir judiciaire cherche à entrer dans le secret du confessionnal pour traquer certains délinquants, obligeant des prêtres à opter pour l’emprisonnement plutôt que de le violer.

Pour l’Église catholique, en effet, le secret de la confession est absolument inviolable. Voici quelques repères qu’en donne le Catéchisme de l’Église catholique (CEC) et le Code de droit canonique.

1. Le recours au sacrement de réconciliation est une démarche particulièrement intime, permettant au pénitent d’exprimer un aveu de culpabilité de façon libre et volontaire, avec la certitude que le prêtre ne divulguera pas ce qu’il a entendu. Le secret de la confession s’explique ainsi par « la délicatesse et la grandeur de ce ministère et le respect dû aux personnes » (CEC, 1 467).

2. Dans la confession tout se passe entre Dieu et le pénitent. C’est au Christ que l’on se confesse. Le prêtre est comme, osons une comparaison, « une boîte vocale ».

3. Le Catéchisme de l’Église Catholique enseigne : « Tout prêtre qui entend des confessions est obligé de garder un secret absolu au sujet des péchés que ses pénitents lui ont confessés, sous des peines très sévères. Il ne peut pas non plus faire état des connaissances que la confession lui donne sur la vie des pénitents. Ce secret s’appelle le ‘sceau sacramentel car ce que le pénitent a manifesté au prêtre reste ‘scellé’ par le sacrement » (CEC, 1 467).

4. Le Code de droit canonique précise que le secret de la confession :
• « est inviolable ; il est absolument interdit au confesseur de trahir en quoi que ce soit un pénitent, par des paroles ou d’une autre manière, et pour quelque cause que ce soit » (cf. canon 983,1) ;
• « l’utilisation des connaissances acquises en confession qui porte préjudice au pénitent est absolument défendue au confesseur, même si tout risque d’indiscrétion est exclu » (cf. canon 984,1) ;
• la violation directe du secret sacramentel (lorsque le confesseur révèle le péché et le pécheur) entraîne son excommunication latae sententiae (c’est-à-dire par le fait même ou immédiatement) ; la violation indirecte (c’est le cas lorsqu’on peut déduire des paroles, des gestes ou des omissions du confesseur quel est le péché et qui est le pécheur) une punition selon la gravité du délit (cf. canon 1388, 1).

5. L’attitude de prudence convenable pour le prêtre, en la matière, est donc de ne rien dire du tout, même pas si telle ou telle personne est venue ou non se confesser.

6. Dans le cas où le pénitent avoue un crime avec des conséquences publiques graves (détournement de fonds, meurtre, pédophilie, harcèlement sexuel…), le confesseur a l’obligation de l’inciter à se dénoncer lui-même auprès des autorités compétentes et subordonner l’absolution à l’accomplissement, au moins à la ferme résolution d’accomplir cette condition. Dialoguant avec le pénitent, le prêtre lui expliquera que le pardon nécessite de se mettre concrètement en quête de justice, et que cela commence en reconnaissant ses fautes.

7. En cas de recours à un interprète pour la confession, celui-ci sera puni d’une juste peine pour violation du secret, y compris l’excommunication (cf. canon 1 388). Ajoutons, enfin, que la Congrégation pour la doctrine de la foi a établi une peine d’excommunication latæ sententiæ pour ceux qui divulgueraient le contenu d’une confession sacramentelle par un moyen de communication sociale ou l’enregistreraient de quelque façon que ce soit. Cette peine s’applique que la confession soit vraie ou fictive, qu’elle soit celle de la personne qui enregistre ou divulgue elle-même sa propre confession ou dont une tierce partie enregistre ou divulgue les paroles, que les paroles soient celles du pénitent, du confesseur ou des deux.

Abbé Roger Gomis

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